jeudi 2 janvier 2020

La Reine des Neiges 2: critique






La Reine des Neiges 2 est la troisième suite sur grand écran d'un grand classique Disney animé, après Bernard et Bianca au pays des kangourous en 1990, et Ralph 2.0  l'année passée . Car chez Disney, à proprement parler, et à l'inverse de Pixar, les suites sur grand écran n'ont jamais été très courantes. Veuillez ne pas confondre avec les suites en DVD des années 2000.




 La vérité, c'est que Walt Disney lui-même n' était pas très fan des suites, au point d'avoir refusé de réutiliser le nain Simplet dans le segment de Fantasia L'apprenti sorcier, comme on lui avait suggéré, et d'avoir finalement employé Mickey. Il avait raison, car il pressentait que cela pouvait manquer d'originalité.



Mais, par la suite, on en vint à penser tout autrement. Le tabou tomba une première fois pour Bernard et Bianca, mais le premier film,  et encore moins sa séquelle, n'ont beaucoup marqué les esprits finalement. Le premier film du reste n'est pas trop écorné ni changé par sa suite, qui répète un peu le scénario du premier, mais tout en apportant des améliorations. A commencer par le fait que Bianca accepte la demande en mariage de Bernard tout à la fin.




Pour  Ralph 2.0, c'est un peu plus compliqué. On est dans la suite: "Explorons davantage le monde qui s'offre à nous", mais avec un changement assez déplorable à la fin. À titre personnel, je suis, comme Walt, pas forcément très fan des suites. Vous me direz, vu ce qui nous a été pondu dans les années 2000 par Disney, quelle surprise!

Même sans tenir compte de ce qui était mal animé (et ça concerne environ la moitié des productions DVD en question),





pour le reste, soit ça n'apporte rien à l'histoire à proprement parler,


soit pire encore, ça la contredisait.


C'est là mon souci avec les suites de façon générale. Certaines sont  évidemment très réussies, et je me réjouis de leur existence.



 Parfois, elles se permettent le luxe d'être meilleures que l'original. On aime tous ce genre de suite, et très certainement, les réalisateurs et scénaristes espèrent tous que la suite qu'ils proposeront sera considérée comme telle.






 Mais ne nous voilons  pas la face, dans le monde dans lequel nous vivons, le producteur espère avant tout que ça fera de l'argent. Hélas, bien des suites sont mises en chantier avec seulement cet  impératif à l'esprit.



Tout cela donne deux types de suites: celles qui se contentent de répéter, parfois un peu paresseusement, le scénario du premier film. Parfois  en changeant  tout simplement le lieu et l'espace où ça se trouve,



ou en faisant arriver la même histoire à d'autres personnages



 (parfois la génération suivante: ils  sont les enfants des personnages du premier film).



Et toujours dans cette optique, on défait ce qui a été fait dans le premier film pour que tout recommence. On invente un nouveau méchant avec un plan étonnamment similaire à celui du premier film. Le couple se sépare, soit pour se reconquérir exactement de la même façon que dans le premier, soit pour que le/la héros ou héroïne et son/sa nouveau/elle love interest se mettent ensemble de la  même manière (ça, c'est plutôt quand l'acteur ou l'actrice du premier ou de la première love interest était indisponible).



Et puis bien sûr, pour ne pas toucher au cast principal et à son histoire, on peut donc soit changer de génération comme dit plus tôt,



soit faire focus sur un personnage secondaire du premier film.



 Cette option n'a généralement pas beaucoup de succès, parce que comment vous dire, ce n'est pas forcément à lui ou à elle qu'on s'intéresse le plus. 



Plus séduisante évidemment, est l'option où l'univers s'agrandit et où on l'explore plus en détail, sans éprouver de besoin au passage d'introduire un méchant similaire au premier (voire de le ressusciter),  de séparer le couple,  et de faire focus sur les mauvais personnages. Alors, on l'aura compris, La Reine des Neiges 2 fait heureusement partie de cette catégorie. Suis-je convaincue pour autant ? Et bien c'est difficile à dire, car je ne ressentais pas un besoin de suite. C'est normal: on sent bien qu'elle n'était pas du tout prévue. La fin originale était tout à fait satisfaisante.



Il s'agit, selon toute vraisemblance, d'une suite après une fin qui n'en  appelait pas. Des suites que je redoute d'habitude, parce que c'est difficile de raconter quelque chose après. Très souvent, on défait complètement la fin heureuse pour cela, de toutes les façons que j'ai déjà expliqué.

*Tousse*


  La reine des neiges 2  n'a rien d'inintéressant en soi, c'est juste qu'il n'était pas indispensable, et je le ressens. Toutefois, il y a des gens pour qui ce film était indispensable en effet. Peut-être, faites-vous partie de ceux qui se demandaient s'il allait arriver telle ou telle chose dans La Reine des Neiges 2,  autant mettre fin au suspens tout de suite.



Voyez-vous, avant même qu'on sache le sujet du film,  la principale préoccupation de bon nombre de spectateurs, était : va- t-on voir Elsa dans une relation amoureuse ? Il y a tous ceux qui la shipent avec Jack Frost,



mais en dehors du fait que de toute façon il s'agit d'un personnage appartenant à un studio concurrent, et que c'est impossible;  je rappelle pour info qu'il est censé n'avoir que 14 ans et elle 21, ou plutôt 25 ans dans la présente suite.



 Mais surtout, vous avez dû en entendre parler, c'est les fans de yuri (romance lesbienne), qui voulaient voir Elsa dans une relation, mais avec un personnage féminin. Avec cette fameuse campagne du hashtag "Give Elsa a girlfriend".




Moi, tout cela, je n'en voulais pas trop, que le promis ou la promise soit un homme ou une femme. Elsa, ce n'est ni la première, ni la seule princesse Disney célibataire, puisqu'il y a aussi Mérida et Vaiana, mais j'y tenais.




Ne serait-ce que parce qu'elle est la plus âgée, et que son célibat est une preuve qu'il s'agit bien d'un choix, et non pas d'un hasard, parce qu'elle serait trop jeune pour avoir rencontré quelqu'un. De plus, elle a 25 ans dans ce deuxième film, donc déjà une vieille fille selon les critères de l'époque, et elle n'a pas cédé à un éventuelle pression de mettre un héritier au monde;  bien qu'il en soit jamais question dans ce film, donc ladite pression ne doit pas exister. Cela confirme qu'Elsa semble ne pas avoir d'intérêt particulier pour ce genre de choses. Ce n'est pas le seul détail qui me le fait croire, vous verrez. Après, on peut trouver ça un peu égoïste de ma part, car je prêche pour mon église en la voyant comme aroace. Évidemment que je tiens à ce qu'une princesse Disney le soit, elle aussi. Surtout une aussi charismatique.




Mais ce  qui m'a mise mal à l'aise avec "Give Elsa a girlfriend" donc, c'est que je ne le sentais pas du tout motivé par l'envie de faire évoluer les mœurs. Cela arrivera certainement un jour, mais la première princesse Disney lesbienne, je continue d'être convaincue du fait que ça ne sera jamais Elsa. En effet, je pense qu'elle était perçue comme potentiellement lesbienne, non seulement parce qu'on ne la voit pas s'intéresser à un homme, parce que Libérée, Délivrée était vu comme un coming-out, mais aussi parce que le merchandising nous la présente toujours aux côtés d'une femme.



Bien sûr, en réalité un membre de sa famille (ce qui n' empêche pas des fanarts incestueux d'exister)



et surtout, Anna, puisque c'est elle, est de son côté une hétéro confirmée. Elle oui, ont pensé les fans de yuri, mais Elsa, qu'est-ce qu'on en sait ? De là, je pense, cette solide réputation de lesbienne. Et l'envie de voir ça, si je puis dire. Mais, et c'est là qu'on touche au malaise selon moi, je pense que la motivation première d'avoir un couple de lesbiennes dans ce film, est encore une fois moins pour une raison de tolérance et de représentation, que de fantasmes. Je n'ignore pas que les relations lesbiennes sont extrêmement fétichisées par les hommes hétérosexuels. Je ne peux évidemment pas demander à chacun d'entre eux, mais je serais curieuse de savoir quelle proportion d'hommes hétérosexuels existe parmi ces fameux fans de yuri, concernant Elsa. Elle est très probablement élevée. La preuve, la vieille Yelana, rencontrée dans ce film en même temps que la jeune Honeymarren,  n'est contrairement à celle-ci pas du tout shippée avec Elsa. Pourquoi?

Comment dites-vous? Vieille, on n'est pas sexy? (C'est discutable, mais ce n'est pas la question). On y vient: la vision d'un couple de lesbiennes, pour faire fantasmer les hommes, doit être  constitué de femmes jeunes, belles, et donc sexy.


Ça a fait assez de bruit, pour que quand vous tapez "Elsa Frozen" sur Google, la première suggestion qui vient, est le mot "girlfriend". Ce n'est pas tout, quand le premier trailer du présent film est sorti, on y apercevait une enfant, dans un plan qui n'a pas été gardé dans le dans le film terminé.


 Aussitôt, des images en ont tourné avec "C'est la copine d' Elsa" dessus.



 Là j'étais un petit peu choquée  quand même, car c'était très visiblement une enfant (jeune, donc, mais à ce point quand même!). Ce n'est pas tout, attention spoiler, ladite enfant n'est en réalité autre que la mère d'Elsa dans un flash-back. Inceste toujours ?

Blague à part, j'ai commencé à me demander, à ce moment-là, si les personnes derrière le fameux hashtag ne voulaient voir qu'une chose dans La Reine des Neiges 2: Que cette dernière trouve une copine, et qu'ensuite, une heure passe avec rien d'autre que les deux se pelotant sur un canapé. Et pourtant, même les films avec des couples hétérosexuels ne parlent pas que de ça, quand même... Du coup, j'en étais presque soulagée, quand j'ai su que Elsa ne trouverait pas de copine, et pas de copain non plus. Parfaitement: elle reste célibataire dans ce film-là.  Si c'est tout ce que vous voulez savoir,  je ne vous retiens pas, et poursuivons avec ceux qui sont intéressés par le contenu propre du film.

Avant la sortie, il y avait  aussi des rumeurs insistantes quant au fait qu'Elsa ferait face à une grande perte. Comme celui qu'elle pourrait  perdre ses pouvoirs. Ce qui aurait été dommage car ils font son essence, mais heureusement, encore une fois ce ne sera pas le cas. Ont été plus insistants les racontars concernant le fait qu'elle perdrait la vie. J'ai vraiment cru pendant plusieurs semaines, que  je verrais mourir pour la première fois un personnage central d'un Disney. Encore une fois, il s'avère que non, heureusement. Enfin et à titre personnel, je désirais voir deux choses:  les deux héroïnes avec les cheveux lâchés, ce qu'on avait jamais vu, sauf Anna avec sa touffe au réveil.




Et étant donné ma préférence pour Elsa, qu'on la voie davantage, et qu'elle soit le personnage principal.




 Et bien j'ai eu les deux. Quelle chance!  Et pourtant, je continue à être très perplexe. Laissez-moi expliquer pourquoi, avec l'histoire.

Anna et Elsa, encore enfants, sont en train de jouer au début de cette même nuit qui verra Anna être blessée à la tête plus tard (donc il s'est passé beaucoup de choses). Elles s'amusent avec des figurines de neige qu'a fabriquées Elsa. On remarque,  détail amusant, qu' Anna s'amuse déjà à former un couple avec des figurines de prince et de princesse, alors qu'Elsa commente: "Berk, Anna, on ne peut pas tout résoudre avec des bisous."  Preuve s'il en est que les choses de l'amour ne l'intéressent guère. Puis en les mettant au lit, la reine leur chante une chanson qui vient de son enfance, au sujet de l' Ahtohallan , une rivière gelée  qui contient tous les souvenirs.



Retour au présent,  plus exactement qui se situe environ quatre ans après les événements du film qu'on connait. Il y a une sorte de fête des moissons dans Arendelle, qui doit beaucoup rappeler Thanksgiving aux spectateurs américains. Entendez par là que c'est l'automne, ce dont je me réjouis, car après l'hiver, cette saison est la plus belle visuellement, et vous en prendrez plein la vue. Anna rejoins Olaf qui n'a plus son fameux petit nuage, car il est à présent fait de permafrost (pergélisol en français), cette neige éternelle des hautes montagnes qui ne fond pas. En français, le terme a été un peu maladroitement traduit par "nappe surgelée".



 Tout le monde chante Il n'est point d'avenir sans nous,  une chanson pas mal entraînante.


Où entre autres, on apprend que Kristoff s'apprête à demander Anna en mariage. Ça ne vous rappelle rien ? Et oui,  dans Bernard et Bianca au pays des kangourous,  c'était aussi ce que Bernard voulait faire-mais en vain jusqu'à la fin. Et ça peut se comprendre, juste après l'acceptation, c'est un bon moment pour une fin heureuse, mais pas quand on est pris dans l'action.



Le soir, Anna, Elsa, Kristoff, Olaf et Sven jouent à un jeu de pantomime consistant à faire deviner des mots les uns aux autres. Mais Elsa s'interrompt, parce que comme très souvent ces derniers temps, semble-t-il,  elle entend avec insistance une voix qui l'appelle.



La mélopée en question d'ailleurs, est un point que j'aime beaucoup dans la partition musicale, et qu'Elsa est la seule à entendre. Elle finit par s'énerver, et a un premier solo, Dans un autre monde.



Ce dernier a vite été conçu comme le seul solo qu'elle aurait dû avoir, et on sent la phénoménale pression exercée pour égaler Libérée, délivrée. En fait, si vous vous souvenez, dans les deux court-métrages  qui avaient eu lieu entre les deux films (Une fête givrée et  Joyeuses fêtes avec Olaf), il y avait eu plusieurs chansons dans chacun (dans le court métrage Lego, il y a un running gag comme quoi tout le monde attend qu'Elsa chante),  parce que justement,  on se souvenait à quel point la partition du premier film avait marqué.






C'est Dans un autre monde qui a été beaucoup mis en avant, repris, utilisé dans le générique, cité aux oscars, etc, dans la campagne marketing.



 Et pourtant, je pense que le titre de grand solo émouvant et réussi, revient à celui qu'elle aura bien plus tard dans le film,  Je te cherche.

Mais nous n'en sommes pas encore là et d'ailleurs, il manque à Dans un autre monde un détail particulier pour devenir un classique.  Au début,  Elsa commence par dire qu'elle ne veut pas alors que dans Libérée, délivrée, il est question d'accepter.   Je pense qu'on préfère toujours  les chansons avec un sens positif. Cela dit, en milieu de chanson (Dans un autre monde donc), Elsa a l'occasion d'apercevoir des manifestations lumineuses inopinées. Elle commence à se demander si ladite voix n'est pas celle de quelqu'un qui est comme elle.  Et qu'il l'appelle pour cette raison.



A partir de là, c'est bien simple, Elsa va commencer une course ininterrompue,  sans jeter un seul regard en arrière, (donc en contradiction avec ce qu'elle disait au début) pour parvenir à la voix. Pourtant, elle a tout ce qu'elle veut, maintenant qu'elle est réunie à ce qu'il lui reste de sa famille. Et tout va bien. Bon, je vais pas revenir là-dessus , c'est le problème des suites après une fin qui n'en appelait pas.


Curieusement, les esprits des quatre éléments se déchaînent à ce moment-là, car nous avons affaire à une mythologie avec des esprits, apparemment. Le feu disparaît, l'eau aussi, le vent souffle en tempête,  la terre se soulève, etc. En mettant la population à l'abri, Elsa comprend qu'elle a fâché les esprits. J'avoue que je n'ai absolument pas compris comment. C'est le simple fait de se mettre à chanter ? Dans ce cas-là c'est dangereux, Elsa, je t'en prie, tais-toi !



Blague à part, Grand Pabbie, le seul troll qu'on verra de toute l'histoire, explique à Elsa qu'elle doit absolument aller dans les terres du Nord pour trouver la réponse à ces questions, et remédier à  la catastrophe qui vient de se produire. Les terres du Nord sont condamnées depuis une visite  du roi  Agnarr. Dans le prologue,  lorsque  les deux filles était petites, leur père leur a raconté un voyage dans cette forêt du Nord qui est enchantée, et dont le peuple sont les Northuldra. Ah, on trouve aussi quantité d'esprits des différents éléments, dont les Northuldra profitaient des pouvoirs, bien qu'ils n'en aient pas eux- même. Ce peuple rappelle  beaucoup les Inuits, et c'est un bon point (Il avait été question de faire des personnages principaux de La Reine des Neiges des Inuits aussi, mais ce n'était pas arrivé).



Vingt ans plus tôt, le roi Agnarr, encore enfant, est allé dans les fameuses terres du Nord, en compagnie de son père. Ce dernier, dans un objectif de paix avec les Northuldra, avait fait construire un grand barrage. Mais le peuple des Northuldra aurait ensuite attaqué les gardes d'Arendelle, le roi et le prince sans aucune raison apparente. Le prince, qui est tombé dans les pommes, qui est revenu à Arendelle sans savoir comment, ayant perdu son père, en sorte qu'il est devenu roi juste après. Et depuis ce jour, un brouillard impénétrable empêcherait quiconque d'entrer ou de sortir de la forêt enchantée.



Elsa compte s'y rendre toute seule ( ça va être son leimotiv pendant tout le film), en empruntant Sven et son traîneau à Kristoff. Mais Anna insiste pour l'accompagner, en lui faisant savoir à juste titre que même sans pouvoirs, elle a affronté pas mal de dangers pour la sauver dans le premier film, et qu'elle en est ressortie vivante. Elsa part donc avec Anna,  Kristoff et Olaf.



À l'arrivée devant la forêt, miracle, le brouillard s'ouvre devant Elsa, et ceux qui l'accompagnent. Mais visiblement, c'est surtout pour faire passer Elsa.  De l'autre côté, surprise, le vent a une volonté propre et ils comprennent que c'est un esprit, qu'ils baptisent Courant d'air. Prise dans sa tornade, Elsa gèle l'eau qu'elle contient, et surprise, ça prend l'apparence de statues, rejoignant  une hypothèse d'Olaf, qui affirme que l'eau a une mémoire.


 C'est alors qu'ils sont découverts par les  Northuldra et leur chef Yelana, et aussi par six gardes d'Arendelle qui sont piégés dans la forêt depuis tout ce temps, guidés par le lieutenant Mattias.



 Les princesses le reconnaissent, car ce garde du corps de feu leur père avait toujours son portrait dans le palais. On apprend que, depuis trente  ans, ils continuent  de se méfier les uns des autres. Autant dire que la présence de nouveaux visiteurs les surprend. C'est alors qu' Olaf entreprend de raconter les événements du premier film, d'une façon tout à fait hilarante, il faut l'admettre. Le lieutenant Mattias en particulier, qui ponctue chaque moment: il est choqué en apprenant la trahison de Hans, ou se met à pleurer quand il entend qu'Anna a été gelée.



C'est alors que tout le monde se fait attaquer par un feu  rose, mais Elsa réalise qu'il s'agit d'un esprit du feu, qui a l'apparence d'une petite salamandre toute mimi. Et qui ressemble tellement à Pascal dans Raiponce que ça peut pas être un hasard: oui, vous le trouverez au rayon peluches.



Elsa  interroge la bestiole sur la voie à suivre, et cette dernière lui fait comprendre qu'il faut aller vers le nord. Et Elsa y aurait foncé tout droit, encore une fois, si Anna ne la retenait pas, et si accessoirement  les Northuldra n'avaient pas expliqué que la nuit les géants des pierres ( qui sont donc les esprits de la Terre) se baladent, et ça peut être dangereux. Au coin du feu, les  motifs qui ornent le vieux châle de la mère d'Elsa (qu'elle a emporté avec elle) se révèlent être des représentations des quatre éléments, et d'un cinquième qui les relie.


 Ce n'est pas tout ,  l'examen des statues de glace laissées par la tornade se révèlent  être l'image d'une petite fille secourant  un garçon qui est le père d'Anna et d'Elsa. La fillette était leur mère, qui était  Northuldra (mais alors pourquoi Iduna n'est pas inuit, au fait, mais pâle avec les yeux bleus?) .  Il y a des années, Iduna a sauvé Agnarr (donc son ennemi: un acte désintéressé),  puis s'est cachée dans la charrette qui l'a ramené vers Arendelle .



Pendant la nuit, les géants de pierre finissent par  s'approcher de très près, et Elsa en vient à la conclusion qu'elle attire leur présence et met les gens en danger. Elle a surtout très envie de repartir tout seule vers le nord, séance tenante, encore une fois Anna doit insister  pour l'accompagner.



Suivies d'Olaf;  en revanche pas moyen de trouver Kristoff avant le départ,  donc tant pis. Le pauvre garçon était pendant ce temps-là avec Sven et Ryder (un Northuldra),  allé  préparer une grande demande en mariage. Mais au petit matin , il ne trouve que Yelana qui vient annoncer que la reine et la princesse sont parties sans dire où elles allaient.



Le pauvre  Kristoff  en est quitte pour une petite déprime bien compréhensible. Pendant ce temps, les deux sœurs finissent par trouver le bateau échoué de leurs parents. Une fois de plus, Elsa gèle l'eau contenue dans celui-ci.  Elle révèle une statue montrant la mort par noyade des monarques. Anna recherche un plan de navigation et finit par le trouver. Elle apprend que ses parents avaient entrepris ce voyage parce qu'ils cherchaient une explication aux pouvoirs d'Elsa. Évidemment, celle-ci est dévastée quand elle comprend qu'elle est de la sorte indirectement responsable de leur mort. Ils comptaient aller vers Ahtohallan  au-delà d'une mer ténébreuse, mais celle-ci s'est révélée infranchissable. Elsa en vient à la conclusion que sans pouvoirs,  personne ne peut aller au-delà  en effet, mais que la voix qu'elle entend vient de là-bas. Et elle est persuadée (sans qu'on comprenne comment) que le propriétaire de ladite voix est bienveillant.



 En fourrant de force Anna et Olaf dans un canoë fait de glace, avant de les expédier vers une rivière, Elsa fait ce qu'elle a toujours voulu faire: elle est toute seule, et repart  vers le nord. Elsa entreprend la traversée de la mer ténébreuse dans cette fameuse scène qu'on a tous vu dans le trailer (le premier).



Elle croise alors l'esprit de l'eau qui a l'aspect d'un cheval, et qui s'appelle le Nokk ( même si son nom n'est jamais prononcé dans le film). ll se montre hostile et essaye même plusieurs fois de noyer Elsa, mais celle-ci parvient finalement à le chevaucher.




Il la mène alors docilement vers Ahtohallan. C'est là que Elsa a son solo qui  tue tout (Je te cherche), car elle paraît effectivement chercher quelqu'un, l'origine de la voix. Mais finalement tout ce qu'elle trouvera ici, c'est un reflet de sa mère chantant la même chanson que quand elle était petite: la voix  doit donc lui appartenir.



Après un épique changement de costume, Elsa voir resurgir des statues de neige vivantes qui parlent  et qui représentent différents moments du passé. Car Ahtohallan est la rivière gelée du passé,  même si on ne peut pas la remonter  trop profondément.



On revoit ainsi des extraits du premier film, mais aussi la jeunesse des parents d'Elsa. Iduna a grandi à Arendelle, aux côté d' Agnarr, à qui elle avouera ses origines une fois adulte.



Elsa remarque alors la présence d'une statue représentant son grand-père Runeard, parlant à un aide de camp. Elle les suit, bien que techniquement ils se dirigent dans la partie trop profonde de la fameuse rivière. Elle voit et entend ainsi que son grand-père se méfiait  de la magie dont les Northuldra profitaient, et entrepris une chasse aux sorcières contre eux. Le fameux barrage était un piège, et le père du roi Agnarr a profité que le chef des Northuldra lui tournait le dos pour l'assassiner par-derrière. C'est la raison de la fameuse attaque, et aussi la raison de la colère des esprits. A cause de cette injustice et du barrage,  qui apparemment perturbe l'eau.




Mais parce qu'elle serait remontée trop loin,  Elsa se met inexplicablement  à geler dans un plan rigoureusement identique à celui de sa sœur dans le premier film. Elsa a juste le temps d'expédier au-delà des frontières d'Ahtohallan des  statues de glace montrant  feu  le roi  Runeard tuant  le chef des Northuldra. Olaf, qui existait grâce à la magie d'Elsa, se met soudain à s'évaporer sous forme de flocons. Anna comprend que  quelque chose de grave est arrivé. Voyant la statue, et donc l'origine de la fameuse injustice, elle décide d'aller réveiller les géants de pierre, qui normalement dorment pendant la journée. A l'aide de rochers, ils détruisent le barrage, mais pas avant que  Kristoff  aie  le temps de rattraper Anna sur le dos de Sven, alors  qu'elle allait être écrasée.



 Les gardes d'Arendelle, juste convaincus qu'il faut attirer les géants dans cette direction, le font en frappant sur leurs boucliers. Une fois le barrage détruit, les flots d'eau qui se déversent pourraient engloutir Arendelle, mais Elsa, qui a dégelé à ce moment-là, court vers son royaume et gèle la vague avant qu'elle ne détruise tout. Ensuite, elle retourne tranquillement dans la forêt magique où tout le monde va bien.


 A son changement de costume et de coiffure, on comprend qu'elle est le fameux cinquième élément qui relie les quatre autres.

Pas celle-là.


Elle aussi,  et dit que c'est pour cette raison qu'elle doit rester avec le peuple des Northuldra,   auxquels elle est apparentée par sa mère.



 Mais aussi que, heureusement, leurs parents ont eu deux filles.  Il y a un moyen de continuer à protéger Arendelle, et voilà comment Anna, qui vient enfin d'accepter la demande en mariage de Kristoff, nous est montrée dans les derniers instants couronnée nouvelle reine.



 Là-dessus , elle envoie un message avec l'aide du fameux Courant d'air,  qui est  reçu par Elsa, toujours dans la forêt enchantée. Il y est question d' une soirée devinettes pour la semaine suivante, ce qui donne à penser qu'Elsa a la possibilité de rendre régulièrement visite. Mais pour l'heure , elle fait un tour sur le dos du Nokk avec la salamandre en poche (Bruni, mais on n'entend jamais son nom dans le film). Elsa arrive en vue de l'Ahtohallan, et fin.


J'étais quasi certaine que si suite à La reine des neiges  il y avait, il serait question de l'origine des pouvoirs d'Elsa. On en parlait déjà dans la saison 4 de Once Upon a Time et dans l'arc consacré à la Reine des Neiges.



En effet, c'était la seule chose non expliquée dans le premier film, alors on était en droit de se poser des questions. La simple coïncidence d'une naissance sous la pleine lune, pour Elsa, n'est maintenant plus de mise (l'une des explications envisagées dans la genèse). Et je m'en réjouis car c'était la seule question que je me posais à la fin du premier. Le problème, c'est que cette réponse apportée dans ledit  film me fait me poser plus de questions encore, et pas seulement à ce propos.



Différentes théories sont  mises à mal, et notamment les questions soulevées par nos amis les fans de yuri. Parce que le deuxième film ne leur a pas apporté Elsa en couple avec une femme, nombreux sont ceux qui soutiennent déjà qu'il y aura un troisième film où ce sera le cas. Ça m'étonnerait beaucoup, mais nous reviendrons plus tard sur la question d'un troisième film. Dans le second, Elsa croise pour la première fois des femmes qui ne sont pas ses parentes, ou alors peut-être pas de si près qu'avec Anna.  Comme Yelana la vieille chef de clan, et Honeymarren, la sœur de Ryder.



Elles sont  apparemment célibataires, mais comme Yelana est sans doute trop vieille, il est arrivé de dont j'étais certaine qu'il se produirait si Elsa rencontrait une jeune femme célibataire sans lien de sang avec elle. Les shippers Honeymarren/Elsa sont déjà très nombreux , d'autant qu'Elsa finit par habiter là où  Honeymarren vit.

Vous ne  trouverez pas facilement cette image en version non tronquée par la gauche.



Pour autant, elles  n'ont que très peu d'interactions , si ce n'est ce moment près du feu où Honeymarren explique la signification des motifs sur le châle. Donc, je n'y crois pas du tout non plus. Et puis, quand même, il s'agit de la tribu d'origine de la mère d'Elsa, qui semble réduite.  Donc Honeymarren, c'est possiblement une cousine.



Une autre théorie archi populaire voyait dans la raison du voyage des parents d'Anna et d'Elsa,  le fait de se rendre au mariage de Raiponce, parce que celle-ci apparaît en caméo au couronnement d'Elsa.



En allant plus loin, et en se basant sur la ressemblance physique, d'autres ont spéculé que la reine d'Arendelle et la reine de Corona (la mère de Raiponce) étaient sœurs. Ce n'est pas tout: il en est qui sont allés jusqu'à supposer que les parents des deux princesses d'Arendelle ne sont pas morts ce jour-là, simplement échoués. L'épave du bateau serait celle qu'Ariel explore bien plus tard dans La petite sirène. Tandis que le roi et la reine, sur les côtes africaines, auraient survécu un temps et mis au monde un petit garçon appelé Tarzan- jusqu'à se faire manger par la  léopard Sabor.



 Bon celle-là, je n'y ai jamais cru non plus. Franchement, Tarzan frère d'Anna et d'Elsa ? Ses parents ne ressemblent pas du tout à ceux des princesses d'Arendelle, c'est visible par tous. Et puis de toute façon, comme  dit plus tôt, maintenant ces théories ne tiennent plus.



Dans Once upon a time ,  les parents s'étaient embarqués sous un faux prétexte, eux aussi,  cherchant  à faire disparaître les pouvoirs d'Elsa. La différence c'est que leur naufrage était vraiment le fruit du hasard puisqu'ils n'étaient pas sur un océan magique.



 Je m'étais  dit que relier obligatoirement leur mort accidentelle à une responsabilité d'Elsa était à la fois trop tragique et trop téléphoné. Evidemment maintenant, j'ai l'air malin. Je trouve aussi qu'environ 18 ans, c'est long pour se décider à chercher une solution. Mais paraît-il que les parents, en cherchant cette solution, en apparaissent plus responsables que dans le premier film.
A noter, que les explications avancées par Once upon a time et maintenant La Reine des Neiges 2 sont complètement différentes  quant à  l'origine des pouvoirs d'Elsa. Et bien je ne dirais pas ça souvent, mais bien que je n'apprécie pas la série d'habitude, je commence à me dire que l'explication avancée par Once Upon a Time me convient peut-être davantage.

 En effet, et bien que ça m'aie  paru également trop tiré par les cheveux à l'époque, Anna et Elsa se révélaient avoir eu une tante dont elles n'avaient jamais entendu parler.



En fait leur mère, la reine Gerda (baptisée d'après l'héroïne d'origine de La Reine des neiges) avait deux sœurs aînées, mais elle avait pris soin d'effacer totalement leur souvenir à l'aide de la magie des trolls.




L'aînée, Ingrid, avait elle aussi des pouvoirs sur la neige, et ceux-ci ont tué accidentellement sa sœur cadette Helga.  Devant ce spectacle, Gerda horrifiée a emprisonné Ingrid dans une urne magique.


 Des années après, la responsabilité de tout ceci est revenue tout droit vers Gerda, quand elle a réalisé que sa fille avait les mêmes pouvoirs que sa sœur. Ce sont donc des talents d'origine génétique. Il semblerait que la plupart des aînés de la famille royale d'Arendelle en héritent.  Ça n'explique toujours pas leurs origines, mais je trouvais ça plutôt satisfaisant.

 De mon côté, je pensais qu'on aurait droit à un lien plus prononcé avec le conte d'Andersen original. Par exemple,  que les vieux serviteurs baptisés Kai et Gerda étaient les héros de l'histoire d'origine (dont ils ont les noms).



 Donc,  j'avais spéculé qu'ils étaient restés, après leur aventure, chez leur amie la princesse, dont il est question dans l'un des premiers chapitres, et qui donc aurait été la future reine d'Arendelle. Mais, que pour avoir dérangé la Reine des Neiges originale dans la première histoire, elle aurait maudit la princesse à avoir parmi ses descendants une enfant qui aurait le même pouvoir qu'elle,  sans savoir  le maîtriser.

Cette reine, on aurait pu l'affronter dans le second film, et cela aurait fait une origin story, exactement comme ce film- là, d'ailleurs. Car il  parle beaucoup du passé des parents, en flash-back. D'une certaine façon, c'est de quoi il est question dans Once upon a time aussi, avec Ingrid dans le rôle de cette Reine des neiges originale. Elle utilise d'ailleurs une arme apparue dans le conte d'Andersen, le miroir diabolique qui fait voir tout en noir à qui en a reçu un éclat dans l’œil.



Ce miroir est aussi présent dans Conte d'hiver, le téléfilm d' Ever After High à propos de la fille de la reine des neiges.


Mais comme vous le savez, au final, ce n'est pas du tout l'hypothèse retenue dans La Reine des Neiges 2. Contrairement à ce qui était spéculé par presque tout le monde, la reine, finalement baptisée Iduna, n'est pas une  souveraine qui aurait eu le père d'Anna et Elsa pour prince consort ( car l'époux d'une reine souveraine s'appelle ainsi, et non un roi). Perdu: Iduna est d'origine modeste, mariée à un roi de naissance. C'était prévisible, puisqu'on voit Agnarr sur un portrait dans le premier film, le jour de son couronnement. Dans mon hypothèse, c'est pourquoi je pensais que la princesse était la grand-mère paternelle d'Elsa et Anna plutôt que leur mère. En fait, il est tellement question du passé dans ce film, que j'ai lu quelque part que l'histoire aurait en fait dû être un prequel, centré sur Iduna et Agnarr...et effectivement ça fait sens.



 Et c'est là, j'avoue, que je ne saisis pas grand chose. A un moment du film, c'est Anna qui spécule que les esprits ont fait « cadeau" au couple   atypique formé par ses parents d'une fille sachant maîtriser une partie des éléments et les relier entre eux. Pour résoudre les futures catastrophes, donc, et remercier le geste désintéressé d'Iduna. Sauf qu'elle le spécule: si ça se trouve, ce n'est pas ça,  on n'en sait rien finalement.  L'autre détail qui ne me satisfait pas, c'est que j'ai l'impression que tout arrive en retard. Scénaristiquement, ça peut s'expliquer très facilement. Encore une fois, aucune suite et donc aucune explication aux pouvoirs d'Elsa n'étaient prévues. Donc, quand il a fallu justifier tout cela, on s'est retrouvé piégés par:  Pourquoi rien de tout ça n'était expliqué ni arrivé avant? Et c'est là que ça me gêne. Parce que in universe,  comme on dit,  par contre rien ne justifie tout ça.  Je me suis retrouvée avec une liste plus longue que le bras de: "Mais enfin, pourquoi ?"



Pourquoi Elsa n'entend la voix que maintenant ? Bien sûr, tant qu'elle était toute petite et pas apte à comprendre, d'accord. Mais ça semblait  une enfant plutôt intelligente, elle aurait pu saisir  le pourquoi du comment très tôt. Parce que, pendant longtemps, elle n'a pas maîtrisé ses pouvoirs,  et ne les acceptait pas  ? Oui mais une fois que c'est fait,   quatre  ans s'écoulent sans qu'il ne se passe rien du tout. Si elle l'avait entendu après que les éléments soient déchaînés, pour une quelconque raison qu'on aurait pu trouver, pourquoi pas. Mais c'est vraiment l'audition de la voix qui déclenche tout, y compris la colère des éléments.


Pourquoi, Elsa découvre- t-elle aussi tard qu'elle est le cinquième élément ? Visiblement c'est sa mission de vie, et on aurait pu penser qu'elle découvrirait  plus tôt une chose aussi importante.



En outre, être le cinquième élément, qu'est-ce que c'est, qu'est-ce que ça signifie ? Je n'ai même pas compris à quoi ça sert, car, une fois qu'elle a sauvé, avec les pouvoirs qu'elle avait déjà au départ, son royaume d'origine en gelant les flots; on ne comprend pas très bien à quoi ça rime,  qu'Elsa reste soudain dans son nouveau rôle. Elle n'a pas de pouvoir sur les éléments autre que la glace, et elle n'est pas non plus responsable de la saison froide, comme son homologue dans le conte d'origine. On ne la voit pas non plus régner sur les esprits (ce qui m'aurait plu) , puisqu'on  n'en croise que trois et  je ne pense pas que les géants des pierres obéissent à quiconque. Le job semble se borner à errer parmi les Northuldra, et aller à Ahtohallan de temps en temps, où soit dit en passant, on peut mourir gelé en descendant à la cave, c'est plutôt dangereux comme coin. Bref, je n'ai absolument pas compris la teneur du rôle.



 Je comprends encore moins qu'Elsa en soit contente, elle qui était reine, et c'est au contraire un métier plutôt prenant. C'est aussi la première fois qu'on nous laisse à entendre que cela lui pèse. Bien sûr, qu'elle redoutait de devenir souveraine tant qu'elle ne savait pas maîtriser ses pouvoirs, mais depuis que c'était le cas, sa charge ne semblait absolument pas la gêner. On la voit souriante et détendue dans les courts-métrages qui ont eu lieu entre les deux films.



Elle est aimée et pas du tout redoutée de ses sujets (les enfants aiment visiblement se faire distribuer des figurines en neige de sa part). Et à Arendelle, la royauté c'est tellement à la cool, qu'Elsa n' a visiblement reçu aucun prétendant  et n'y paraît obligée en rien. "Sur une autre planète, étrangère même chez moi?" (selon Je te cherche) . Allons donc! Et donc, son mal-être du prologue semble vraiment sorti de nulle part.



Que fait donc Elsa désormais,  est-ce qu'elle couche dehors parmi les Northuldra, avant d'aller se balader à Ahtohallan où elle aurait pu mourir ?



Et je suis bien d'accord avec Anna, quand celle-ci affirmait, du moins dans Once upon a time, que personne d'autre qu'Elsa ne pouvait régner sur Arendelle. En effet, elle faisait ça très bien: dans la série, on la voit gérer  particulièrement bien une seconde attaque de Hans.



En parlant de ça, j'arrive toujours pas à concilier "reine" et "Anna" dans mon esprit. Quand on la voit dans son costume de souveraine, elle semble vieillie de dix ans, et pourtant je n'arrive toujours pas à la trouver plus mature pour autant.



Je n'arrive juste pas à concilier les deux. Est-ce que je suis la seule qui aurait continué à bien voir Elsa dans son rôle de souveraine, restant chez elle pour régler les problèmes, alors qu' Anna, c'était plus du genre à être celle qui au contraire aurait parcouru le royaume en éclaireur,  pour trouver la  source desdits ennuis? Est-ce qu'Anna n'aurait pas vraiment été ravie justement d'être ambassadrice chez les  Northuldra? Et coucher dehors, ça aurait été loin d'embêter Kristoff, bien sûr, où même Olaf. Il fallait bien qu' Anna devienne quelque chose, mais pourquoi obligatoirement  reine? C'est une fin en soi ? Encore une fois le rôle que je viens de décrire lui aurait sans doute convenu à merveille. Anna exprimait bien des regrets de n'être que le "remplacement"  dans une chanson coupée dans le premier (More than just the spare). Mais cette chanson date d'avant le changement drastique du scénario (avec Elsa pour antagoniste, et tout le monde au courant de ses pouvoirs).



 Dans une autre chanson coupée après ce changement, We know better, Anna chantait au contraire qu'elle se voyait bien "bras droit" de sa sœur.



Est-ce parce que, ayant un fiancé, Anna est la seule à pouvoir accomplir un devoir dynastique? Mais, quand un souverain n'avait pas d'enfants, la couronne revenait à ses neveux: ça n'aurait rien changé, pour Elsa. Les frères et sœurs, de nos jours, habitent rarement ensemble une fois adultes? Oui, mais là, il s'agit d'une fiction historique. Et par le passé, les cadets de famille royale, quand ils n'étaient ni mariés (ou alors à quelqu'un du coin ) ni dans les ordres, restaient effectivement toute leur vie auprès de leur aînés.


Les rumeurs sur ces changements de rôle ont commencé à circuler notamment à cause d'un leak de  dessins dans un artbook sur La Reine des Neiges 2 qui va bientôt sortir, et qui montrait les costumes de l'épilogue.



 A ce moment, j'ai d'abord cru qu' Elsa allait être forcée de rester de façon permanente dans la forêt enchantée. Genre si elle s'en va, les éléments vont se déchaîner encore, et ce serait trop dangereux. Et en gros, c'est à ça que sert le cinquième élément, les maintenir calmes. Cela seulement pouvait expliquer, à mon avis, que ces sœurs aussi unies finissent par habiter loin l'une de l'autre. Ça aurait pu être la seule explication quant à  pourquoi Elsa aurait décidé de rester, mais aussi pourquoi (et c'est le cas) elle est absente au couronnement d' Anna.

En fait pas du tout: à la fin le brouillard est levé, et on l'a vu, Elsa est en théorie libre de revenir quand ça lui chante. Et là encore une fois, je ne comprends rien. Pourquoi veut-elle absolument rester ? Elle peut être le cinquième élément tout  en  continuant à habiter Arendelle. Là, elle connaît tout cela (la forêt et la tribu) depuis moins d'une journée mais elle veut rester. Ça me rappelle Vanellope (dans Ralph 2.0) voulant être dans le Jeu de massacre alors qu'elle l' a traversé pendant trois  minutes en tout, et abandonner tout ce qu'elle connaît.



Ajoutez-y Toy story 4 et Maléfique: le pouvoir du mal, faisant aussi vivre chacun de leur côté des personnages auparavant inséparables. Ou aussi, dans Avengers: endgame, ou Game of thrones. Tout cela, la même année, en sorte que ce ressort est de moins en moins original.



Olaf, puis Mattias parlaient de changement radical de façon peu subtile, chacun à leur tour. Mais, changer pour changer, ce n'est pas une raison suffisante: il faut qu'il y aie un sens. Ici, Elsa veut échanger sa sœur et son enfant (on peut considérer qu'Olaf est son enfant) contre des quasi inconnus, même si les Northuldra lui sont apparentés. Si en effet, Elsa avait eu le coup de foudre pour une personne rencontrée sur place, ça serait peut-être mieux compris. Ca m'aurait déplu , étant de ceux qui ne souhaitent pas voir Elsa en couple, mais  la motivation m'aurait parue plus vraisemblable. Je trouve d'ailleurs que les sœurs accueillent la décision d'Elsa de rester chacune de son côté avec le plus grand des calmes; quand on voit à quel point il s'agit de sœur unies à part ça. Même Olaf ne proteste pas, c'est vous dire.




Enfin, scénaristiquement parlant, l'absence au couronnement  peut s'expliquer facilement: ça permettait de ne pas faire un épilogue à rallonge en montrant de façon indépendante les deux événements. Elsa  résidente permanente de la forêt enchantée, puis néanmoins présente au couronnement de sa sœur puisque cette dernière est  la reine. A priori sur le papier ça s'explique donc, mais à l'écran, ça ne paraît pas plausible. Le couronnement d'Elsa dans le premier film  est un événement d'une telle importance, qu'il  justifie à lui seul qu'elle sorte de sa retraite et prenne le risque de laisser entrer des gens dans le palais pour la première fois depuis son enfance.








Même Anna est invitée.






Et là, elle ne convie même pas sa sœur à son couronnement ? Celle-ci vient aux soirées charades, mais pas au couronnement d'Anna? Quel sens des priorités a-t-elle donc ?  A ce compte, elle ne viendra même pas au mariage d'Anna et Kristoff…


 Je n'ai pas davantage saisi pourquoi Elsa a fini gelée en descendant plus bas dans l'Ahtohallan. Que ce soit un danger inhérent au lieu, ça je vois, bien sûr. Mais, si elle avait pas violé cette apparent tabou, elle n'aurait jamais su la vérité. Et qu'elle sache la vérité, et qu'elle rétablisse l'injustice qui y était liée, voilà exactement ce que les esprits voulaient depuis le départ. OK, alors pourquoi la gèlent t-ils ? Et puis la reine des neiges qui gèle? La reine des neige qui a froid? (elle que le froid n'a jamais dérangée dans la VO de Libérée, Délivrée?)



Pas de rapport, en dehors du fait qu'on a voulu reproduire ce visuel coup de poing. Mais ce n'est pas aussi fort que dans le premier film, quand ça arrive à Anna.  D'abord parce que la caméra s'éloigne au lieu, comme la dernière fois, de nous montrer le dernier souffle en gros plan. Un défaut partagé par les remakes live, qui éloignent la caméra quand elle s'approchait dans les films d'animations. Et puis la première fois, on avait le temps de réaliser, avec Elsa qui pleurait sur la statue d'Anna. Ici on laisse Elsa sitôt gelée et hop, retour dans l'action tendue sans temps mort avec les autres personnages. Et ce n'est pas un acte d'amour véritable, mais la destruction d'un barrage qui finit par libérer Elsa, je trouve que ce terrible destin est finalement devenu assez banal. Comme si des gens qui gèlent, ça arrivait tous les quatre matins, et les tirer de là était finalement aussi simple qu'une destruction immobilière.

J'avais une raison de plus de croire à une rupture radicale. J'ai d'abord pensé que le merchandising voulait nous cacher ça. Curieusement, avant la sortie du film, on trouvait des poupées et des panoplies de chaque tenue du film, sauf celles de l'épilogue. Et les livres de films sont amputés: ils s'arrêtent tous à la découverte de l'Ahtoallan.



Avec le recul, je trouve cela malhonnête: qui offrira un livre censuré à son enfant? On a parlé d'intégrité artistique, de vouloir préserver les spoilers pour le bien de l'histoire. Sauf que les livres du premier Reine des Neiges n'omettaient pas la fin. Des tas de gens ont dû aller le voir en sachant que Hans était un traître,  mais ça ne gâche pas le visionnage pour autant. Et puis l'intégrité, je n'y crois guère: La reine des neiges, si magnifique soit-elle , est quand même une franchise qui est devenue un sacré bidon de lessive. La preuve, avec Jasmine et Aurore (dans le remake d'Aladdin et Maléfique: le pouvoir du mal, respectivement),  Anna et Elsa sont des princesses Disney vues deux fois sur grand écran (avec Ralph 2.0) en 2019.




Sans parler des vingt minutes, montre en main, de pubs pour jouets dérivés qui ont précédé la séance du film, quand j'y suis allée. Et le merchandising avec les tenues de la fin est apparu depuis la sortie. Non seulement, le spoiler n'a pas été protégé en raison du leak cité plus haut, mais en plus il n'y avait pas de révélation si fracassante que ça à la fin.




Enfin, je ne comprends pas pourquoi le cinquième élément se borne à faire de la glace. On a tous déjà vu le principe d'un être humain incarnant le cinquième élément. Il y a eu le personnage de Leeloo, évidemment, mais aussi l'Avatar dans l'univers du Dernier maître de l'air. Se réincarnant  toutes les générations, cet homme ou cette femme a la capacité de maîtriser les quatre éléments, au lieu d'un seul comme cela arrive à beaucoup de gens dans cet univers.



 Donc, c'est effectivement le trait d'union entre les quatre. Et aussi, le garant de la paix et de l'harmonie en ce monde. Là, j'avoue, pourquoi donc, pour Elsa, cela se traduit à la simple capacité de manipuler la neige et éventuellement d'en tirer la vie ? Ce rôle, c'est sûr, explique mieux son statut quasi divin  (maintenant on comprend pourquoi elle a pu rester dans sa fameuse forteresse sans mourir de faim, sans doute que pour elle, manger ce n'est qu'un pur plaisir) .



Mais si Elsa est effectivement la passerelle entre les cinq éléments, alors, ne devrait-elle pas savoir les maîtriser tous les quatre depuis le début ? Ou tout du moins en devenir capable à partir du moment qu'elle sait  qu'elle est ce cinquième élément ? Mais non, elle garde ses pouvoirs strictement hivernaux. Et là désolée, mais je ne vois pas le rapport.



 Dans la catégorie cohérence, Elsa avait dans le premier film un symbole qui était un flocon de neige bien caractéristique, à six branches.





 Ici il se fait remplacer par un flocon à quatre branches à cause des éléments, mais ça fait un effet de discontinuité.




Le coup de la voix qui l'appelle, encore une fois, je n'ai pas bien saisi.



 Pourquoi Elsa n'a-t-elle vu personne en arrivant? Dans Je te cherche ou sa version anglaise Show yourself ("Montre-toi"), dans les deux cas il est question de vouloir découvrir une personne en particulier. Et j'avoue, je me suis demandé si ce ne serait pas le cas. Qui allait -elle finir par trouver là-bas: un prince des neiges? La reine du feu? Un être qui aurait été le précédent cinquième élément ? Un peuple qui a la même magie qu'elle, façon Maléfique dans Le pouvoir du mal?  Voire ses parents encore en vie ? Oui, ça aussi ça m'a traversé l'esprit finalement. Mais non, ses parents sont bien morts. Et sur place Elsa ne trouve rien d'autre qu'un écho de leur voix. Et elle ne trouve personne d'autre, qu'elle même finalement. Bon, au moins, ça corrobore la théorie de l'asexualité. Certains ont vu dans cette chanson une nouvelle métaphore d'un coming-out. Mais sérieusement, après cette quasi chanson d'amour, Elsa se rencontre elle-même. Et peut se reproduire toute seule aussi. Non là vraiment...




 J'avoue que tout ce build-up pour aller à cette conclusion, c'est quand même un peu étrange. Le seul qu'elle  rencontre c'est le Nokk, mais il ne compte pas: il n'est qu'un moyen de transport. Dans Once upon a time, Elsa est satisfaite de sa vie présente, et apparemment la seule chose qui  aurait  pu la combler pleinement aurait éventuellement été de rencontrer quelqu'un ayant les mêmes pouvoirs qu'elle. Etre la seule à les avoir faisait qu'elle se sentait  parfois incomprise. Mais, rencontrer l'implacable Ingrid l'a vaccinée de cette envie, et elle retourne à son rôle de reine et à sa vie de famille à la fin, ce dont  j'étais persuadée que ça  arriverait aussi à la fin de La Reine des Neiges 2 , car je m'y étais habituée.



On sent peut-être aussi un peu que dans le présent film, Elsa a le même espoir de découvrir quelqu'un de semblable à elle en suivant la voix, mais ça n'arrive pas pour finir. Je ne vois pas ce qui l'oblige à rester ensuite, mais je ne vois même pas ce qui l'a forcée à partir dans un autre monde. Elsa commence par chanter à juste titre qu'elle n'a aucune envie de s'en aller. Je sens presque les réalisateurs perplexes et traînant la patte, se demandant ce qu'on pourrait raconter après une fin heureuse...(pourquoi les personnages comment-t-ils par chanter qu'ils se réjouissent que rien ne change, d'après vous?) Mais Bob Iger a fini par le demander devant le box office.



Là encore sa vie présente la comble, ça va faire depuis quatre ans , et elle n'a aucune raison de prendre des risques en partant. Encore une fois dans Once upon a time, Kristoff commentait:  "Il vaut mieux que vous évitiez de partir quand on voit ce qui s'est passé quand ne  vous  n'étiez absente  qu'une journée".

 Au milieu de la chanson Dans un autre monde, Elsa change subitement d'avis, et là ça devient  tout le contraire. Tout ce qu'elle veut à présent,  c'est suivre et retrouver la fameuse voix. Et c'est là que je trouvais ça un petit peu choquant d'oublier tout le reste, à  commencer par les autres gens. Elsa ne tient pas en place et est  visiblement déçue quand il faut s'arrêter ne serait-ce que cinq minutes sur la route. "Je n'ai pas fait de détour", pour sûr, comme elle dit dans Je te cherche!  Et on sent que ça ne l'aurait pas du tout gênée  de laisser tout le monde derrière elle. C'est involontairement que Christophe et Sven restent en arrière d'abord, puisqu'ils se sont mis en retrait d'eux-mêmes. En revanche, c'est tout à fait volontairement qu'Elsa oblige Anna et Olaf à la laisser seule. Certes elle a toujours été une grande solitaire, et sa réclusion initiale aurait pu la rendre claustrophobe, et  lui donner envie de passer le reste de sa vie à parcourir le vaste monde. On sent néanmoins que la présence de sa sœur lui  a toujours été indispensable, et qu'en fait les intérieurs ne la gênent pas tant que ça, et encore une fois elle est très bien dans son palais la plupart du temps.




À propos de palais, celui de glace qu'elle a fabriqué, et qui existe encore (on l'aperçoit au début), j'ai trouvé dommage qu'il ne soit pas réutilisé et qu'Elsa décide de vivre dans l' Ahtohallan qui lui n'a rien de bien extraordinaire de l'extérieur. Les motivations d'Elsa à changer de vie se comprenaient dans le premier, après toute une vie de recluse, rongée  par la peur de blesser quelqu'un. De plus quand ses pouvoirs paraissent, elle se fait traiter de monstre comme elle le craignait. Voilà pourquoi sa fuite me paraissait normale: ce n'est pas tant fuir ses problèmes, que vouloir échapper à sa pire crainte et risquer de nouveau de nuire à autrui (Oui, je continue à trouver Anna et son désir de mariage immédiat plus irresponsable...). Mais dans le deuxième film, elle veut changer d'existence parce que?...Elle est non seulement de nouveau entourée de sa famille et des gens qui l'aiment, mais elle maîtrise ses pouvoirs et les a acceptés, son peuple l'a acceptée  et l'aime tout autant, même avec ses dons, Elsa n'a pas de difficultés à exercer le pouvoir...

Tourner le dos à tout cela, du style "Une voix lointaine me suffit pour savoir qu'elle est mieux pour moi que vous tous réunis?" Oui, là, ça fait égoïste. Je ne pensais pas dire ça un jour mais Once upon a time a mieux traité le sujet. Ce n'était que lorsque Elsa a su qu'elle avait une tante avec les mêmes pouvoirs que cela a éveillé une curiosité chez elle. Mais  pour finir, sa sœur sans pouvoirs valait davantage pour elle que cette autre parente avec dons magiques. La morale était cohérente: le tout ce n'est pas que tous ceux qui vous entourent vous ressemblent, mais qu'ils vous acceptent tel(le) que vous êtes. Et là, la morale est...Je ne crois pas qu'il y en aie.

Même le  costume final d'Elsa m'a laissée perplexe.




 D'abord et pour commencer, on ne la voit jamais avec sa robe bleue iconique. Bien sûr, celle-ci présentait le défaut de ressembler à un petit peu trop à une robe de soirée moderne , en particulier avec sa jupe fendue et les talons aiguilles. Mais c'est parce qu'on ne la voit plus que je me rends compte à quel point elle était magnifique néanmoins. Ici, on ne la verra que sur un tableau, brièvement. Le reste du temps, Elsa n'est en bleu que quand elle revêt une tenue d'aventurière, qui est dans le thème en effet, mais encore une fois moins impressionnante que sa robe classique.




Finalement, et si j'adore le fait que pour une fois elle n'aie pas de natte, en revanche, quand sa robe devient blanche, j'étais plus mitigée.



J'ai longtemps été persuadée (avant la sortie du premier film) qu'elle serait en blanc, parce que la Reine des Neiges l'est toujours dans les illustrations.



 Franchement, des neiges,  forcément c'est blanc "comme neige" , non ? Même quand le film est sorti, même quand j'avais aperçu Elsa sur les visuels avec sa robe bleue, blanc c'était tellement ancré dans mon esprit; que je portais un Disneybound blanc quand je suis allée voir le film pour la première fois. Et là détail rigolo, j'en avais un bleu quand je suis allé voir ce nouveau film.


 Il est d'autres personnages incarnant l'hiver qui portent du blanc aussi, on s'en souvient très bien: Jadis, dans Narnia,



ou la tante Ingrid d'Elsa dans Once upon a time. Et en quelque sorte son double maléfique.



Finalement, Elsa se retrouve en blanc à son tour et je ne sais pas trop...Je me m'y fais pas, même si cette fois-ci, heureusement, la jupe fendue ouvre sur un pantalon. Ce costume ne brille pas, a les losanges des éléments mais pas un seul flocon de neige contrairement à presque tout ce qu'Elsa portait jusqu'ici... Trop fade, peut-être? Sans parler du fait que des sandales, ça fait trop estival (même si le froid ne la dérange pas).  Je continuerais définitivement de baver davantage sur son costume de Noël (Joyeuses fêtes avec Olaf).



 Le costume bleu, il est vrai, est  devenu incroyablement iconique et je comprends maintenant pourquoi il était ainsi, parce que la glace, souvent, c'est bleu. Elsa était  en quelque sorte assortie à son palais.  C'est sans doute pourquoi, après avoir représenté la robe blanche sous forme de panoplies, poupées et sur les face characters des parcs américains et japonais;


du bleu (et des paillettes)  ont été ajoutés au costume de la face character Elsa dans la parade de la saison Reine des neiges 2 à Disneyland Paris. Personnellement, j'en ai été soulagée.


Presque parfaite en tout point, jusqu'à ce qu'on remarque la poitrine qui semble à l'air.


Question iconisme, il y a fort à parier qu'on continuera de la reconnaître plus facilement avec son ancienne robe, et Anna aussi d'ailleurs.  Anna qui restera sûrement la seule princesse Disney à  porter du noir, et pas seulement en période de deuil:  elle en a aussi beaucoup cette fois-ci dans sa tenue d'aventurière.



Pour finir, le principe, et l'importance du cinquième élément semblent connus, et indispensables,  depuis bien longtemps (d'où les motifs sur le vieux châle). Qui était-ce, avant Elsa? Et les esprits se seraient-t-ils jamais manifestés si Elsa n'avait pas chanté Dans un autre monde? Si elle a une relation si privilégiée avec eux, pourquoi le Nokk est-il initialement si hostile?


D'autant que malgré l'étendue de l'univers, cette suite répète elle aussi un peu les événements du premier film. Une nouvelle fois, il s'agit qu'Elsa sorte de sa coquille et s'accepte, dans un solo qui tue tout. Mais que pouvait-t-elle accepter de plus, en dehors de ses pouvoirs? Et envoyez cette histoire bancale de cinquième élément et de double origine.

Mais laissons donc tout ce que je ne comprends pas, rien n'est donc positif? Si, c'est sûr, les chansons sont belles pour la plupart , les visuels sont magnifiques d'autant que ça se passe en automne et je trouve la nature effectivement superbe à ce moment-là. Mais, je trouve la neige encore plus belle, et je n'ai pas pu m'empêcher de m'interroger: où donc est la neige dans cette Reine des Neiges ? Bien sûr, Elsa continue de créer des statues de glace et on en croise d'autres qui sont  faites de neige, mais ça ne suffit pas pour moi: j'avais besoin de ces magnifiques paysages blancs qu'on voyait dans le premier.




Il y a fort à parier aussi que la plupart des chansons seront plus iconiques dans le premier. Sept c'est beaucoup? Ça ne fait jamais que deux de plus que d'habitude. Mais, il y a eu quelques témoignages comme quoi c'était trop, ou tout du moins, en dehors des solos d'Elsa, qu'elles n'étaient pas mémorables (mais celles du premier ne l'étaient pas toutes! Vous vous en souveniez, vous, d' En été ou Nul n'est parfait?).



Dans les chansons, il y en a deux qui sont vraiment étranges. Olaf chante Quand je serai plus grand, mais si cette chanson n'était pas là, ça n'aurait rien changé à l'histoire.



Et puis ça ne me surprend pas, parce que sa chanson dans le premier film était déjà celle dont les gens se souviennent peut-être le moins (avec celle des trolls donc).



Quant à Kristoff, il a une chanson (J'ai perdu le nord), qui parodie les années 1980.



Ça m'a plutôt ravie, puisque j'aime les années 80, mais qu'est-ce que j'ai pu me sentir vieille en entendant une parodie dans un film présent, justement.



Et puis c'est un peu triste que  Kristoff chante cette balade alors qu'il se sent délaissé; au lieu d'un véritable  duo amoureux pour ce couple qui n'en n'avait pas eu. Et qui aurait  pu en avoir,  car à l'époque il était encore impliqué dans le projet, Alan Menken avait effectivement écrit une chanson romantique (Love can't be denied).



Kristoff,  dont de façon générale on a dit qu'il ne servait à rien. Il n'est pas le seul : globalement l'histoire serait la même sans Olaf, car Kristoff et lui n'ont plus ce rôle de guides qu'ils avaient dans le premier film. C'est plutôt triste pour Kristoff, car il y avait des choses à dire sur lui également. Nous savons qu'il est orphelin, mais nous savons toujours pas pourquoi.  Il pourrait encore y avoir des choses très intéressantes à apprendre sur lui. D'ailleurs, dans le même esprit, et  dans la série Raiponce, les origines de Flynn nous avaient  été dévoilées.

Des clins d'œil à l'univers en général et aux premiers films sont dispensés, mais ils ne sont pas toujours très tendres. Dans le jeu de mime, Olaf singe la démarche sexy d'Elsa,  qui avait été polémique à juste titre.




En croisant sa propre statue d'elle-même en train de chanter Libérée, délivrée, Elsa lève les yeux au ciel, et se bouche une oreille après l'avoir reconnue. Doit- en conclure qu'elle pense, comme la plupart des gens, qu'on a décidément trop entendu cette chanson? Personnellement je ne m'en suis jamais lassée et trouve que c'est un crachat dans la soupe mal venu.



 Détail drôle, quand Elsa croise la statue de Hans,  elle lui met un bon coup de poing. Autant pour ceux qui pensaient qu'il serait pardonné dans cette histoire, car au début, Anna tente de faire deviner le mot méchant, et tout le monde lui répond Hans. Il a été question de le faire revenir en tant qu'antagoniste, mais on y a renoncé, contrairement à Once upon a time où il réussissait à être brièvement roi d'Arendelle.

Mais cette fois, il avait le soutien de ses frères.

  La reine des Neiges 2 n'a pas d'antagoniste à proprement parler, la nouvelle tendance après le méchant surprise.

Je crois qu'une des choses qui me dérange le plus également, c'est que le premier film était résolument un conte de fée. Là, c'est un film d'aventures,  c'est évident. Rien de mal à ça bien sûr: Lilo et Stich, Les nouveaux héros ou Les mondes de Ralph ont appartenu à cette catégorie.



 Mais,  si j'adore toujours autant les contes créés par Disney, l'action et l'aventure sont beaucoup moins ma tasse de thé. Je n'ai vu pratiquement aucun film Marvel, non pas qu'ils soient mauvais, mais tout simplement parce que l'action soutenue m'assomme. Pour la même raison, je n'ai vu que le premier Hobbit. La reine des neiges 2, c'est totalement ça: c'est "Allons à l'aventure, compagnons." Je ne sais pas, envie de draguer un public plus âgé et masculin, celui des Marvel et Star Wars?

Pas étonnant que j'accroche moins qu'au premier. Les personnages nouveaux (sauf peut-être Mattias) ne m'ont guère charmée. Dommage quand on sait qu'il est des personnages de suite dont on oublie qu'ils n'ont pas toujours été là, tant ils sont attachants.











Je suis peut-être la seule, d'ailleurs. Ou presque:







 La plupart des gens ont dit que non seulement ils avaient adoré le présent film, mais le trouvent supérieur au premier.

Parmi les nouveautés, Charlotte Hervieux a succédé à Anaïs Delva comme voix d'Elsa, mais si je ne l'avais pas su, je ne l'aurais pas remarqué. Cela dit, je me suis demandé pourquoi. On parle quand même d'Anaïs Delva, qui a aussi, par la suite, doublé Elsa partout: dans le court et moyen métrages, dans le court Lego Magie des aurores boréales,



 (dans la bande-son des parades de DLP aussi?) et jusque dans Once upon a time. A l'époque la VF de la saison 4 m'avait parue du pur génie: engager les comédiens de doublage du dessin animé pour cette version live.  Mais elle était aussi devenue une telle égérie pour Disney qu'elle semblait devoir tout interpréter dans ces années -là: Par magie, une traduction d'un single de Descendants (If only) , et Toi, VF de la chanson du générique du  film Cendrillon (2015) qui s'appelle Strong en VO. Sans oublier l'album de reprises  Anaïs Delva et les princesses Disney, ou sa participation à la Garde du Roi Lion.






Comme Anaïs Delva n'était ni incapacitée ni prise ailleurs, pourquoi ne pas la réengager? La vérité est qu'elle a en fait subi une forme de renvoi. Mister Fox a relayé cette rumeur qui me semblait être  pour une raison si ridicule que je n'y ai initialement pas cru...Mais voilà, aucune autre explication n'a été avancée. Au cinéma, Anaïs Delva a fait deux caméos, le premier dans  Les Nouvelles Aventures de Cendrillon de Lionel Steketee, dans le rôle d'une prétendante au prince. Si mauvais soit le film, cela n'avait en rien fait réagir Disney France, et Anaïs Delva  a semblé suffisamment se plaire dans un film de Lionel Steketee, pour apparaître dans le suivant: Alad'2 . Oui, la dispensable suite aux Nouvelles aventures d'Aladdin, de sinistre mémoire. Son rôle, cette fois, était un caméo d'une reine des neiges à qui l'expression "Libérée, délivrée" plaît.



Oui, ce n'est pas subtil, mais pas un très long rôle non plus. Pourtant, Anaïs Delva  aurait été écartée pour cette seule participation. A un navet certes, mais comme je l'ai dit ce n'était pas la première fois. Ce n'est même pas la première fois qu'elle jouait de cette image, ayant eu le rôle d'une sorcière de glace dans Dora l'exploratrice. Et puis caricaturer Disney, les acteurs le font tout le temps.


                                          (Regardez à 19'17 pour voir)


 En 2013, Nasim Pedrad participait à une fort cruelle parodie, Real housewives of Disney (du Saturday Night Live), dans le rôle de Jasmine.



Loin de la mettre sur liste noire, Nasim Pedrad s'est vue gratifier quatre ans plus tard d'un rôle de servante dans le remake d'Aladdin (la version live de Disney, cette fois) , aux côtés de Jasmine à défaut de la jouer elle-même.

Même Idina Menzel a participé en novembre 2019 à l'émission du comique britannique James Corden dans le rôle d'Elsa sans conséquences (mais là c'était plutôt gentil).




Alors pourquoi Disney France a-t-il réagi différemment? J'ai peine à croire que ce seul navet a coûté si cher à une carrière...Conseil à tous les comédiens engagés par Disney: pour garder votre emploi, ne jouez pas avec votre image (ni dans un mauvais film). D'autres rumeurs font depuis état de disputes avec les directeurs de doublage. C'est plus vraisemblable, mais les deux explications ne s'excluent pas mutuellement: les fameuses dissensions sont peut-être dues à l'apparition dans Alad'2. Toujours est-il que ça remonte à 2018, car en février 2019 déjà Elsa dans Ralph 2.0 avait une voix différente, celle de Noémie Orphelin (Barbie et Kim Possible). Mais ça pouvait passer inaperçu: les princesses n'y avaient pas, pour la plupart, leurs voix d'origine pourtant toujours disponibles.

Un bon point, dans La reine des neiges 2, est  une population plus diverse. Il y a Mattias, mais aussi quelques figurants d'Arendelle qui sont d'origine africaine (et un peuple qui paraît inuit). Ce n'est pas tout, les gardes sont aussi diversifiés du point de vue du sexe. L'un d'eux a un chignon et je me suis initialement demandé si c'était un homme aux cheveux longs. Mais, plus petit que les autres, avec une silhouette de sablier...un des six gardes d'Arendelle est une femme, et ce royaume était déjà inclusif voici plus de trente ans.

(A droite)


Quand on sait qu'il n'a pas non plus de loi salique, c'est bien vu.


Voilà...Mais même si le box -office s'envole, je continue de m'interroger: ce film marquera -t-il autant les esprits que le premier? Pas sûr: il n'a rien de révolutionnaire. Le précédent l'était, parce qu'il déconstruisait l'image du prince charmant. Parce que rien ne permettait de deviner à l'avance sa vraie nature. Kristoff qui était le véritable love interest d'Anna plutôt que Hans me paraissait évident, mais jusqu'au bout je n'aurais pas su dire s'il avait un coup fourré, ou s'il était sincère et finirait par se rabattre sur Elsa (ou repartir célibataire) une fois repoussé. Le twist de ce méchant surprise était presque digne de Sixième sens.



 Je crois aussi que personne ne s'attendait à une chanson qui marcherait si bien depuis l'époque d'Alan Menken,


ni à voir une princesse Disney célibataire, et une gentille reine (sans enfants)  qui plus est.




 Mérida n'était alors encore qu'une princesse Pixar. Le trope de l'acte d'amour véritable y était subverti non pas une, mais deux fois. Non seulement Anna avait failli embrasser le mauvais garçon, mais en plus, l'acte d'amour sincère n'était finalement pas un baiser donné par un homme. Mais un geste venu d'Anna, elle- même, et motivé par l'amour sororal.



Ici, je cherche toujours les éléments inédits, autres que techniques. D'autant que "On s'entend à merveille mais séparons-nous parce que...et bien, parce que." est une ficelle vue et revue l'année passée.

Devant ce film d'action bien musclé, je m'interroge: est-ce que  Disney croit toujours aux contes de fées ? Voilà dix ans que commençait  la nouvelle Renaissance, dont on se réjouit bien sûr, mais dont on sait que justement, c'est le temps qu'elles durent en moyenne : dix ans. Je sentais parfois les scénaristes à l'étroit face à cette obligation, de retourner explorer un univers après une fin qui se voulait fermée, mais aussi cette incertitude totale face à l'avenir et à la crainte, peut-être,  de la naissance d'un nouvel âge sombre. Voilà ce que je ressens quand on écrit pour le film une chanson qui s'appelle (en VO du moins) "Dans l'inconnu" (Into the unknown, Dans un autre monde).  Comme si cet inconnu, c'est la nouvelle décennie qui s'annonce, et dont on ne sait absolument pas de quoi elle sera faite.

La franchise qu'est devenue La Reine des Neiges, est-ce qu'elle pourra se maintenir à flot ? On a dit que ce deuxième film était une conclusion définitive  et que rien d'autre ne viendra après. Pourtant, je ne vois pas ce qui les empêche de faire un troisième film.  Pour la fanbase yuri, c'est certain, parce qu'ils n'ont pas abandonné l'idée de voir Elsa en couple avec une femme dedans. Mais je ne pense pas qu'on mettrait un film en chantier uniquement pour cela. En fait, voilà pourquoi je pense que ça ne se fera pas dans l'immédiat. L'obstacle, ce n 'est pas tant les esprits trop fermés d'occident (quoique, quand on entend certaines personnes...),



mais la législation de pays qui criminalisent l'homosexualité aujourd'hui encore, tout en étant néanmoins de bons clients de Disney. Une grande partie de l'Asie, par exemple (et la Russie). Quand l'homosexualité d'un personnage est discrète, la Chine ou la Malaisie distribuent le film en censurant (par coupe) les passages qui le montrent, sans que la compréhension de l'intrigue en soit modifiée. Par exemple, la scène de dix  secondes où des personnages féminins secondaires s'embrassent à la fin de Star Wars: l'ascension de Skywalker a sauté dans certains pays (pas la Chine pour une fois, mais à Singapour oui), mais on peut toujours suivre.

Libre à vous de croire que c'est l'unique raison qui a fait qu'Elsa n'avait pas de copine dans le deux, mais elle n'en aura toujours pas dans le trois pour autant puisqu'il devrait, le cas échéant, sortir dans un futur proche. Une bonne partie de l'intrigue, et des scènes, devrait tourner autour du fait qu'elle a une amoureuse (significative), comme c'est le cas avec les couples hétéros de Disney.



Dans ce cas il y  aurait trop à censurer et plutôt que de ne se retrouver qu'avec une demi-heure de métrage, bien des pays ne le sortiront pas, tout court. Elsa n'aura pas de petit amie, parce sinon elle devrait se passer du juteux marché chinois ou russe. L'argent, toujours!



Qui pourrait être à lui seul une raison pour un troisième film (avec Elsa célibataire).

 Disney + apparaît comme le lieu idéal pour lancer une série télé Reine des neiges,  par exemple. Ça me semble plausible, s'il n'y avait pas d'autres films. On prétendait déjà qu'il n'y aurait plus rien après Toy Story 4...Vous dites? On trouve déjà des courts -métrages consacrés à Forky sur Disney+, personnage de ce film.

Des  critiques avaient émis le vœu de voir se planter cet opus de La Reine des neiges, pour qu'on se concentre davantage sur les projets originaux,  plutôt que les suites et  les remakes.






Voire, je m'étais demandé si ce n'était le cas en 2017, quand Joyeuses Fêtes avec Olaf avait été retiré avant toutes les séances de Coco. Malgré sa beauté parfaite , Libérée, délivrée semblait alors ne devoir déclencher d'autres réactions que : "J'ai trop entendu cette chanson."




La Reine des neiges, so 2013 ? Et bien non, comme le prouve ce second film finalement, il marche très bien. Mais, marquera-t-il pour autant autant les esprits que son prédécesseur ? Et c'est là que je réponds: j'ai peur que non,  personnellement.